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[Monnot-mania] 1=0 – non-deux

 

Cette semaine on envoie du bois façon fusion old-school et très bien fendu.

 

1=0 a la bonne idée de sortir une intégrale de ses quatre E.P.’s sortis de 2011 à 2013, Non-Deux, (« non-dits/nous deux » ou bien « 1=0… non plutôt 2 » à cogiter), bien emballée , illustrée, cartonnée et augmentée de quelques inédits. Bel objet !

Derrière la puissance de feu d’une division de chars d’assaut (base rythmique d’une solidité à toute épreuve), le quartet maquille pas mal son affaire, capable, autant dans ses parties de guitares que dans ses textes en français, de la précision de frappe d’un drone et de la finesse d’un habile diplomate. Oui, tes tympans vont saigner sur les très réussies Forteresse et Mossoul (qui en appelle carrément à Virago), mais ton cœur va s’ouvrir, et oui, à l’écoute de Déesse et Nada, de leur coloration pop hyper originale vu le contexte par moment quasi-métal, et de leur très jolies partitions de grattes façon John Frusciante.

La voix oscille entre le flow de Zack De La Rocha ou celui des Beastie Boys, gouailleur, aigu, posé, et un phrasé plus chanté. La vision du monde autant politique que philosophique (1000 pour l’exemple) n’est pas très lumineuse et optimiste mais a le mérite d’être claire, limpide et, c’est à la fois con et triste à dire, réaliste.

Voilà donc des gars inspirés, très bons techniciens, qui, sans être forcément novateurs, balancent un gros rock bien varié, intelligent, ouvert et vont jusqu’à proposer une très chouette réinterprétation du thème de Game Of Thrones dans les excellents bonus proposés en fin de CD (je pense en particulier au délirant Siva Nature et ses flûtes à bec démoniaques-gnac-gnac).

M’est avis que 1=0 défonce tout sur scène : à ne pas louper donc si l’occasion se présente !

 

Stéphane Monnot / benzinemag.net

 

[LP] 1=0 – non-deux

 

Reprenant l’intégralité de ses EPs pour constituer un album homogène et déstabilisant, 1=0 confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui, créant autour du projet une singularité toujours plus passionnante.

 

Il n’est pas forcément évident de parvenir à engendrer une rétrospective de ses œuvres passées sans y perdre son âme. Combien se dont égarés dans l’exercice purement commercial et inutile (sauf pour des raisons financières, bien sûr) du « best of », sans passion ni motivation louable ? Ainsi, quand on apprend que les Parisiens de 1=0 se livrent eux aussi à cette dérive, on a peur ; mais le résultat final relève du miracle. Celui, immédiat, de découvrir tous les EPs de cette entité hors norme sous l’appellation « non-deux » ; mais avant tout, une sensation radicale de tenir entre ses mains un véritable album, cohérent, direct et aussi percutant qu’un coup de poing dans le ventre. Avant que le cœur n’explose.

 

Car le rock de 1=0 – si l’on peut l’étiqueter ainsi – est fracassant, inoubliable et tranchant, laissant apparaître des plaies à vif cisaillées de guitares incisives (Forteresse, Dieu). Poète désabusé du non-être, Ali Veejay coupe et saigne, panse parfois ses plaies (Tue-le) pour mieux rebondir et marquer les esprits. Parfois martelées et profondes, entre hurlements et solennité (Mossoul), les chansons de cette fuite en avant entêtée et franche explosent et répandent leurs blessures sur nos peaux meurtries (Sabre). Le LP n’est jamais décousu, mais fait au contraire preuve d’une arborescence mélodique et furieuse qui épuise même les plus obstinés des auditeurs. L’expérience est aussi viscérale que cérébrale. Déliquescent et versatile, il contient les ingrédients d’un obus toujours amorcé et menaçant, avec lequel on joue en attendant sa possible activation (Nada).

 

Les textes, berceaux de la noirceur et de l’expulsion des sentiments les plus tourmentés, sont déclamés, intériorisés puis crachés au visage, pour mieux se confondre dans un maelström lyrique de la désillusion et de la révolte. Cette succession de termes et de constats est universelle et intime, étanchant la soif au travers d’un breuvage amer et fort. L’alcool de l’âme qui fait fondre la glace par simple contact et réveille les sens, les malmène. Mais derrière cette apparente impression de désespoir se cache une poésie de la rébellion et de l’humain, dans ce qu’elle a de plus sincère et directe. 1=0 crie, orne ses monologues de perversions textuelles prêtes à s’imposer dans nos esprits et à nous aider à nous mettre debout, frapper nos poings contre les murs, voir l’hémoglobine couler le long de nos bras et avancer, avec autant de fierté que de réserve. Déclamer pour mieux mener chacun à sa propre révélation. Courir, s’essouffler. Et recommencer jusqu’à tomber pour mieux se relever.

 

Perturbant et troublant, « non-deux » ne laisse certainement pas indifférent. Et nous colle à la peau, pour longtemps.

 

Raphaël Duprez / Indiemusic.fr

 

1=0 “Non-Deux” (Quixote Music)

 

Si l’on regarde bien, les quatre Ep’s des fracassés 1=0 furent tous chroniqués sur ADA. Il ne s’agit évidemment pas de vantardise mais de rappeler l’évidente complémentarité qu’entretient ce groupe avec la ligne éditoriale défendue ici : de la sincérité, un brin de recherche, du hardcore qui ne triche jamais avec les mots, du vécu et des tripes à l’air libre… 1=0 : grands activistes de l’ombre. De l’ombre ? Car oui : à force d’écouter leurs morceaux, d’écrire dessus ou de lire le commentaire des collègues, on pensait la formation appartenir au domaine public. Il en va parfois ainsi des groupes amis : parce qu’on les tutoie, on s’imagine que le secret est dorénavant partagé par tous. Et pourtant…

 

Parfois occultés par des boys bands rock aux désarrois un peu trop affichés pour paraître honnêtes, les punks de 1=0, avec le coffret Non-Deux, devraient tenir là une belle revanche sur les imposteurs et les minauderies adolescentes. Plusieurs raisons à cela.

D’abord, ce coffret digipack regroupe l’intégralité des quatre Ep’s enregistrés entre 2011 et 2013. Autrement-dit : l’occasion, pour le nouvellement converti, de s’envoyer tout 1=0 d’une traite ! Ensuite, banalement, l’objet est magnifique, limite pièce de collection – et c’est important, la beauté du design. Enfin, pour les fans qui possèdent déjà la totale, outre le bonheur (voire la fierté) de tenir en mains une merveille visuelle, cinq inédits / instrumentaux / relectures justifient l’acquisition de l’affaire. En attendant Cheul, quatre nouveaux rires jaunes, quatre manières différentes de faire un doigt aux faux derches et aux sentencieux poètes de la musique française…

Urbain, cowboy, dans une jungle bétonnée, l’asphalte en lambeaux : ainsi s’accroche 1=0. Et nous avec eux…

 

Jean Thooris / adecouvrirabsolument.com

1=0 – cheul [EP] + non-deux

 

Chez Désinvolt, on avait déjà chroniqué un EP de 1=0, avec tout ce que ça comprenait de sensibilité et de violence. Ils reviennent en force avec un nouvel EP intitulé cheul et un album reprenant leurs trois précédents EP.

1=0 c’est de la hargne parfumée de poésie. Ils balancent leur textes teigneux sur un son rock impulsif.  À l’écoute de cheul, je retrouve comme un partenaire de combat. Avec quatres titres, efficaces et concis, 1=0 poursuit et approfondit le travail commencé dans les opus précédents. Les textes sont travaillés tout en restant directs. Les musiciens saisissent les instants et les ressentis pour les sublimer en musique. J’ai été littéralement scotchée par l’impressionnant guy, véritable apogée d’un opus haletant.

En parallèle de la sortie de cheul, le groupe publie un album reprenant leurs trois précédents EP. Intitulé non-deux, l’opus est composé de dix-neuf titres dont six inédits, mélangeant nouveaux morceaux et instrumentaux. L’album de 1=0 fait vibrer l’épiderme et donne la chair de poule. Ils viennent toucher en profondeur et dégoupillent une grenade depuis l’intérieur de l’organisme.

On est plaqué au sol par certains morceaux comme Forteresse ou Nada. On s’envole sur déesse, on atterrit avec 10000. L’album est un bon moyen de se plonger dans leur discographie déjà richement fournie. L’écoute complète permet de prendre la mesure de la variété et de l’unité du style musical. On passe du slam hargneux à un chant mélodique et rock, en passant par des cris secs et intenses. La guitare et la batterie gardent leur côté brut qui donne cette couleur si particulière au son de 1=0.

Avec un album trois-en-un qui sort en même temps que leur quatrième EP, les gars de 1=0 poursuivent leur route à un rythme effréné. Il va falloir se mettre à courir pour les suivre.

 

Suke / desinvolt.fr

 

Unegalzero

non-deux

2015 - Quixote R.P.M

 

Soucieux d'affirmer sa différence musicale, et par là-même son identité,1=0 offre avec NON-DEUX un recueil, fourni, de ses eps, agrémenté de bonus pas moins valeureux que le reste. La collection en question est, de plus, de nature à installer une sorte de rap-rock narré ou chanté, aux bien bonnes bourrades noise, délectable de A à Z. Dame Musique n'y reconnaîtrait pas ses petits, l'effort est hétéroclite mais diablement cohérent et on se régale autant d'un Dieu subtilo-fracassant que de ce Concert introductif et, au delà de ces deux titres, d'un genre parfaitement ouvragé. En outre, il se raconte là des tranches de vie qui forcément nous touchent, tranchantes et mélodieuses, sensibles et sans fard. Le digipack est beau, le son de 1=0 l'est aussi par dessus les maux qu'il exprime. Son identité n'en est que plus forte encore: les grattes ont de la rate, le chant tout autant, la rythmique tourne et détourne. Indécence et incandescence émanent des dix-neuf morceaux présentés. Lancinants et obsédants (Mossoul), portés par une basse rondelette et une voix posée assortie de choeurs virils sur Tue-le, les essais de 1=0 frappent fort. On n'est pas éloigné de l'impact d'un Michel Cloup, en atteste l'asséné Sabre, entre coups de boutoir et brusques breaks tranquillisés. C'est assez addictif et prétexte, aussi, à évacuer. On pourrait s'arrêter, ainsi, à chaque chanson de NON-DEUX ; aucune n'est négligeable. Noise au débit soutenu (Fin), essai massif/finaud (Encensé), plans instrumentaux jouissifs, tout est là, réuni en un bloc qui jamais ne s'effrite. On retrouve donc 1=0 avec un plaisir vif, celui-ci s'avère capable, de plus, de réunir les castes musicales. Son propos soulage, son insoumission sonique fait le plus grand bien. On accordera en toute logique le meilleur des avis quant à son travail, généreux et authentique. Son verbe est agile, Tous balance un name-dropping génial et dans sa foulée, suit une série de derniers morceaux magistraux. Même retenus, dénués de paroles (GOT), ils atteignent la cible. L'instrumentation est dans le non-choix entre rudesse et finesse (Atcha), les instrus défouraillent (Produit), balourdent un groove à la Gâtechien (Forteresse) et pour couronner le tout, Siva nature dépayse tout en gardant l'attitude "maison" basée sur la différence assumée. C'est juste excellent, susceptible d'être écouté jusqu'à satiété...

 

Will Dum / muzzart.fr

 

1=0 Non-Deux / Cheul (Quixote Music)

 

Il est étrange comme certains accords nous paraissent familiers aux premiers souffles. "Hey, nous nous sommes déjà rencontrés quelque part 1=0 ?" Dans une autre vie ? Sur d’autres ondes ? Quand j’étais fœtus ? Aucune idée. Mais Non-Deux me rapproche de ce rêve étrange et pénétrant d’une musique que j’aime et d’une musique qui m’aime, ni tout à fait réelle, ni tout à fait irréelle…

19 pistes regroupant les EP’s du groupe (5 EP en 36 mois, qui dit mieux ?), et un peu plus qu’une compile qu’on empile pour amasser le pèze, des inédits, une pochette qui se déplie en panorama d’encres, d’images et de mots. Et ce fuck qui sort d’une mâchoire en colère. Histoire de fuckiser la planète un peu plus. Yeah !

Fortement rock, du sombre side des cordes, dans la fumée et la pénombre, d’entêtantes vibrations à faire se révulser les a priori et éjecter les démons de la routine. Ça secoue par où ça passe, les amis. Du coup, ça dépoussière, ça dérange un peu, ça frise et ça évacue méchamment. Sans répit, en toute fureur mais avec cette retenue si spéciale aux rockeurs français, une sorte d’élégance du pays du saucisson et des fromages pasteurisés… et de la baguette, j’ai failli l’oublier celle-là.

Tous en français, les textes dépeignent notre siècle, ses terreurs et ses espoirs avortés, mais aussi une tolérance et une impétuosité débordante. A nous faire nous retourner sur les débats d’actualités, et prendre un peu de recul à grands coups de "on parle de quoi, bordel ?". Il ne s’agit pas d’oublier d’où on vient, mais d’arrêter de plonger tête première sur le premier sujet de la liste et de bêler avec la foule. Souffre ! Aime ! Creuse ! Cherche ! Tombe ! Relève-toi ! Yeah.

C’est Ali Veejay qui mène la barque du quatuor, à partir d’une envie aussi simple que de composer ce qu’il avait envie d’entendre et de nous faire partager, du français cinglant et non répétitif à la rime intelligente.

Je les vois comme des rockeurs non apprivoisés qui revendiquent une fougueuse envie de retour à l’état sauvage et vous emportent dans le tourbillon. C’est qu’ils parlent à l’instinct du sur-moi (mais si, entre le moi et le non moi, juste à droite du très moi et à l’ouest du pas tout à fait toi…). Ce son est une évidence, les mots scandés et crachés sont des missiles à tête pivotante du côté des riffs et des étourdissements musicaux. Une sorte d’orgasme primitif.

Un direct en plein face et une fraîcheur familière qu’on rejoint en toute hâte.

Prends ça !

 

Nathalie Bachelerie / froggydelight.com

1=0 – non-deux

 

Avec Non-Deux, qui regroupe l'intégrale des EPs que 1=0 a pu sortir en l'espace de 36 mois, on fonce tête baissée vers le cœur d'une tempête musicale et textuelle.

 

Avec Non-Deux, qui regroupe l’intégrale des EPs que 1=0  a pu sortir en l’espace de 36 mois, on fonce tête baissée vers le cœur d’une tempête musicale et textuelle. Mais une tempête sacrément maîtrisée. Qui se nourrit de math-rock, de hip-hop, de noise. Et qui charrie son lot de paroles incandescentes. L’ensemble prend aux tripes, parle au cerveau, remue le cœur.

Les textes sont scandés. Mais on est très loin du “rock engagé”, de ce rock bavard aussi boursouflé que médiocre. Ici, la filiation est clairement identifiée. Pour faire simple un axe Diabologum-Fugazi. Plus précisément encore on citera le vaisseau amiral du post-punk français, Electric Electric. Mêmes fulgurances musicales, même densité sonore. Avec, en plus, chez 1=0 une extrême attention portée aux paroles.

Ainsi musique sophistiquée et poésie coup de poing sont intimement  liées et, par vagues rageuses, emportent les certitudes, et sèment un beau chaos. L’urgence est partout, l’exigence est phénoménale, les titres agissent comme des manifestes subtils et violents. Et, paradoxalement, l’oeuvre, pourtant très noire, est immensément vivante. Il existe une expression toute faite pour décrire “Non-Deux”, mais qui recèle néanmoins une vérité profonde : l’énergie du désespoir.

C’est exactement ce que l’on ressent à l’écoute de ce monumental panorama. Abrasif, sincère, brillant, 1=0 est un groupe plus que jamais nécessaire.

 

 

Yankouton / indiepoprock.fr

 

1=0 : le groupe de rock indépendant que l’Euro nous envie

(interview)

En ce moment tout ce qui peut ressembler à un (petit) score nous renvoie à l’Euro. C’est moche, mais évidemment la désignation d’1=0 (voir plus bas) n’a rien à voir avec le ballon rond. A vrai dire, on n’a même pas pensé à interroger le chanteur et animateur principal du groupe, Ali Veejay, sur le PSG, Zlatan et la compétition qui bat son plein actuellement. On est à peu près certain qu’il aurait trouvé à y redire.
1=0 a beau faire penser à une victoire surréaliste d’une Equipe de France qui déciderait de transformer la nullité de son jeu en un but de raccroc dans les arrêt(e)s de jeu. Déjà fait, déjà vu. Ali Veejay ne vit que pour la musique. Du rock, ou du slam, spoken word, rap bâtard, de shoegaze transgenre, une sorte de sous-genre évolué des musiques au bruit blanc qui met en scène un corps qui parle, crie, pleure et s’échine, et une légion d’instruments en colère. Porte étendard du label Quixote Music, 1=0 est un groupe aussi méconnu que précieux, engagé, hargneux, désordonné et bavard. Les poésies enflammées d’Ali Veejay rappellent les harangues de jeunesse de Diabologum et les effets de manche géniaux de John Cooper Clarke. Mais pas que. Le style 1=0 est défini par ce qui le limite : pas de sophistication excessive, de mélodisme forcené, une capacité à se projeter rapidement vers l’avant et à ne pas s’attarder une fois le coup porté. Force et impact. Leur album, comme un vieux stoppeur, ne fait pas le déplacement pour rien et c’est exactement ce dont on a besoin par les temps qui courent. Non Deux. Ni une, ni deux, autrement dit. Entre l’été pourri qui s’annonce, la fin des haricots et le renversement de la hiérarchie des normes (bah oui), on peut choisir de se la fermer jusqu’au bout, de crever la bouche ouverte ou de faire cela à l’ancienne. Ali Veejay ressemble à ses beaux et vieux soldats qui vont à la boucherie avec la fleur entre les lèvres et le sourire narquois. Il sait à sa manière que ce qui doit arriver n’arrivera pas mais fait comme si le monde allait changer pour lui faire plaisir et sauver la mise de ce qui viendront après lui. L’amour, l’envie, l’espoir : il en restera toujours bien assez pour les générations futures. Ces temps-ci, le groupe s’affiche sur l’opération Disque (Every) Day du label : 3 splits, façon guérilla du disque et paf. Le morceau d’1=0 est énorme. Razzia sur la non-schnouf. Et puis, oui, contrairement au protocole [...]

Benjamin Berton / Sun Burns Out

 

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